Climat et forêt


SOMMAIRE de la page

Climat et forêt

 

► Réchauffement climatique

- Spirale climatique

- Le GIEC 2026

► Rôle des forêts dans la régulation du climat

 


► Réchauffement climatique

Spirale climatique

► Vidéo 1:10 / Comprendre en une minute l'évolution des températures dans le monde depuis l'ère préindustrielle, c'est le but de cette datavisualisation publiée par la NASA. Lire l'article : lien raccourci Source : NASA's Scientific Visualization Studio (https://svs.gsfc.nasa.gov/4975)

https://www.youtube.com/watch?v=Ddek0DEeBmc&t=70s

 

 


► Le GIEC

Qu'est-ce que c'est?

"Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ou GIEC (en anglais Intergovernmental panel on climate change ou IPCC) est un organisme intergouvernemental chargé d'évaluer l'ampleur, les causes et les conséquences du changement climatique en cours.

Créé en 1988 sous l'égide de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) à la suite d'une initiative politique internationale, le GIEC est ouvert à tous les pays membres de l'Organisation des Nations unies. Il regroupe 195 États.

Les évaluations du GIEC sont fondées sur les publications scientifiques et techniques, dont les auteurs du GIEC opèrent une synthèse critique. Elles sont publiées sous la forme de rapports synthétiques ou portant sur un aspect particulier du changement climatique, au sein de cycles d'évaluation d'une durée approximative de sept ans. Le rapport d'évaluation le plus récent a été publié en 2023.

Rédigés par des centaines de scientifiques des États membres, les travaux du GIEC aboutissent également à des résumés à l'intention des décideurs, relus phrase par phrase et formellement validés à l'unanimité par les délégués des États, avec l'assentiment des auteurs scientifiques."

https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_d%27experts_intergouvernemental_sur_l%27%C3%A9volution_du_climat

La synthèse du dernier rapport du GIEC

"Le rapport de synthèse du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est publié le 20 mars 2023, à l’issue d’une session d’approbation qui s’est tenue du 13 au 17 mars en Suisse avec les représentants des 195 pays membres du GIEC. Ce document synthétise les rapports des trois groupes de travail sur les éléments physiques du climat, l’adaptation et l’atténuation."

Source https://www.nord.gouv.fr/Actions-de-l-Etat/Prevention-des-risques-naturels-technologiques-et-miniers/Changement-climatique-et-evolution-des-risques-naturels/Rapports-du-GIEC/Synthese-du-6e-rapport-du-GIEC


► Le rôle de la forêt dans la régulation du climat

Copyright :Alexandre Marchi / PhotoPQR / L’Est républicain / MaxPPP

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"[ ...] C’est ici, dans ce système complexe et vivant, que se joue une part cruciale de la lutte contre le changement climatique. La forêt constitue en effet le deuxième puits de carbone naturel après l’océan, et séquestre plus de 7 milliards de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) par an, soit 1,5 fois plus de carbone que ce que les États-Unis émettent annuellement !

Pour bien comprendre pourquoi la forêt constitue un puits de carbone, il faut revenir aux bases de la botanique. Une plante utilise le carbone pour se nourrir et grandir : « Elle transforme le CO2 atmosphérique par le biais de la photosynthèse, explique Hervé Cochard, écophysiologiste à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). L’énergie lumineuse captée par les feuilles vient casser la molécule de CO2 pour la combiner avec des molécules d’eau. Ensemble, elles constituent des macromolécules : les sucres, indispensables pour fabriquer la cellulose. »

Parallèlement à la photosynthèse, un autre processus entre en jeu : la respiration de la plante qui est, elle, émettrice de CO2… C’est donc bien le bilan carbone global de la forêt – ce qu’elle absorbe minoré de ce qu’elle émet – qui fait d’elle un puits de carbone.

Le sol forestier, champion du stockage de carbone

Le sol forestier, ce grand oublié, joue lui aussi un rôle déterminant en matière de stockage net de carbone grâce à l’humus (matière organique en décomposition, branches, végétaux) qui s’y accumule – même si, là encore, le mécanisme est plus complexe qu’il n’y paraît car les décomposeurs du sol (vers de terre, micro-organismes) émettent aussi du CO2 en transformant cette matière organique.

« Dans les forêts tempérées et tropicales, le stock de carbone du sol profond (jusqu’à deux mètres sous la surface) représente ainsi près des trois quarts du carbone stocké par la forêt, contre un quart pour la partie aérienne des arbres », cite en exemple Jonathan Lenoir, écologue au laboratoire Écologie et dynamique des systèmes anthropisés1. Au total, entre 2001 et 2019, les forêts mondiales, arbres et sol compris, ont ainsi séquestré deux fois plus de dioxyde de carbone qu’elles n’en ont émis

Dans les forêts tempérées et tropicales, le stock de carbone du sol profond (jusqu’à deux mètres sous la surface) représente près des trois quarts du carbone stocké par la forêt, contre un quart pour la partie aérienne des arbres.

Si l’effet puits de carbone constitue l’atout majeur des forêts face au changement climatique, un autre pouvoir des arbres contribue également au rafraîchissement de notre environnement : l’évapo­transpiration. L’eau venant du sol est absorbée par les racines de l’arbre, monte jusqu’aux feuilles où elle s’évapore grâce à la chaleur du soleil.

Ce processus aide à refroidir l’air, à l’image d’une climatisation naturelle. Dans la forêt amazonienne, l’évapo­transpiration est si importante qu’elle crée un phénomène de « rivières volantes » : des courants d’air humide pouvant influencer les régimes de précipitation jusque dans des régions très éloignées, y compris en zone agricole et en ville.

Des dépérissements inédits

[...] Les arbres ne sont pas invincibles, la preuve en est : leur mortalité a augmenté de 80 % en dix ans dans les écosystèmes forestiers français, selon le dernier inventaire forestier national de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN)2.

Affaiblies par les sécheresses à répétition, les forêts d’épicéas de l’Est de la France ont succombé aux ravages du scolyte, un petit coléoptère.

Des arbres victimes d’embolie

Parmi les nombreuses conséquences du changement climatique sur les forêts, on peut citer les températures trop élevées (au-delà de 45-50 °C), qui font tout bonnement griller les feuilles des arbres, les incendies… Mais c’est avant tout le manque d’eau lié aux sécheresses qui ébranle la forêt. En effet, pour croître et se développer, un arbre a besoin d’eau. De beaucoup d’eau. « Une plante doit consommer énormément d’eau pour produire des sucres, explique Hervé Cochard. Beaucoup plus que de CO2. Pour une seule molécule de CO2, environ 500 molécules d’eau sont utilisées. Quand l’eau vient à manquer, l’arbre [...] arrête la photosynthèse, ce qui réduit à la fois sa croissance et sa capacité à stocker du carbone. » D’ici à la fin du siècle, les forêts des régions tempérées vont vraisemblablement croître moins vite et moins haut, avec une végétation s’apparentant de plus en plus aux paysages méditerranéens actuels, ce qui aura un impact direct sur la production de bois.

Quand l’eau vient à manquer, l’arbre arrête la photosynthèse, ce qui réduit à la fois sa croissance et sa capacité à stocker du carbone. [...]

En contexte de sécheresse caniculaire, les arbres peuvent même aller jusqu’à faire des… embolies, et mourir subitement, comme l’ont montré Hervé Cochard et son équipe. « Il s’agit d’un processus de rupture de la colonne d’eau dans la plante, raconte le scientifique. Cela crée un vide, qui est remplacé par des bulles d’air bloquant la circulation de la sève, à l’image de la circulation sanguine humaine. C’est ce qui arrive par exemple lorsqu’un plongeur remonte trop vite sans respecter les paliers. »

Les arbres sont exposés à l’embolie dans tous les milieux : tempéré, tropical, méditerranéen, montagnard… « Cela veut dire qu’avec le changement climatique, on doit s’attendre à des dépérissements dans tous les écosystèmes forestiers, partout dans le monde », explique le chercheur.

Ce n’est pas tout. « Des arbres affaiblis par la sécheresse sont une aubaine pour certains ravageurs, à qui il ne reste plus qu’à finir le travail », relate Jonathan Lenoir. Dans le Grand-Est, les Vosges, et plus récemment les Alpes et le Jura, le scolyte, petit coléoptère, engendre le déclin dans les peuplements d’épicéas et de sapins. En forêt de Compiègne, dans l’Oise, terrain de recherche de prédilection du scientifique, les hêtraies sont attaquées par les larves de hanneton forestier.

« Les larves restent dans le sol pour grossir – jusqu’à quatre ans –, et dévorent les racines du hêtre », constate l’écologue. L’augmentation des températures favorise également un comportement étonnant chez certains insectes : « Ils se reproduisent plus vite et plus souvent, conduisant à davantage de générations de ravageurs dans une seule année et donc plus de risques pour les arbres de se faire attaquer. »

L’urgence : complexifier nos forêts

Affaiblies, les forêts vont avoir de plus en plus de mal à remplir leur rôle de régulateur du climat. Au point que l’effet puits de carbone pourrait même s’inverser, craignent les scientifiques. À l’échelle mondiale, la forêt se mettrait alors à émettre plus de CO2 qu’elle n’en capture ! « C’est ce qui risque de se produire dans les forêts françaises dès 2026, souligne Philippe Ciais, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement4, si les tendances observées depuis quinze ans se poursuivent. » La faute aux incendies, au dépérissement, aux tempêtes… mais aussi à certaines pratiques de la sylviculture.

C’est le cas des coupes rases : un sol laissé nu émet en effet plus de CO2, et ce durant plusieurs années, même après que de jeunes arbres ont été replantés. C’est aussi le cas de la monoculture, avec des forêts ne comportant qu’une seule espèce d’arbres, plantés au même moment donc ayant tous le même âge, ou le fait d’abattre systématiquement les vieux individus alors qu’ils représentent d’importants stocks de carbone, notamment au niveau de leurs racines.

Face à cet état des lieux préoccupant, faut-il craindre un emballement climatique pire que projeté par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) ? « On peut le supposer, avance Philippe Ciais. Car les modèles actuels du Giec ne prennent pas en compte tous les paramètres de la forêt – embolies, incendies, insectes… » Il est encore possible de protéger les forêts et la diversité des services qu’elles nous rendent, à condition d’agir vite.

Plusieurs pistes font consensus : réfléchir aux essences capables de résister au climat actuel et futur, les planter dans les milieux qui leur correspondent, limiter les plantations monospécifiques et favoriser la diversification, éviter de reboiser sur des écosystèmes non forestiers de type tourbière ou savane comme cela se pratique trop souvent dans le cas des compensations carbone, reconnaître les services écosystémiques rendus par la forêt et leur donner une valeur économique… Le mot d’ordre : complexifier nos forêts, plutôt que les standardiser ! « Il est important de faire comprendre aux gens, surtout aux décideurs, qu’on a besoin d’écosystèmes diversifiés et donc complexes, insiste Jonathan Lenoir. On ne peut pas donner une solution simple à un problème compliqué, et la nature c’est compliqué. » C’est bien ce qui la rend si merveilleuse. "

https://lejournal.cnrs.fr/articles/la-foret-au-defi-du-changement-climatique-0